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5 idées fausses sur le bilinguisme


Lundi 03Octobre 2016

5 idées fausses sur le bilinguisme

On l’envisage toujours comme une rareté. Pourtant le bilinguisme est très répandu : plus de la moitié de la population mondiale est concernée.

Et comme tout ce que l’on croit rare, le bilinguisme s’est vu attribuer quantité de mythes qu’il est parfois bien difficile de déraciner. A commencer par ces 5 idées reçues.

1. Il vaut mieux apprendre une langue puis l’autre.

Non. Une phase du développement implique bien un mélange à un certain moment, mais il est d’essence créative et non le résultat d’une confusion. Par la suite l’enfant saura ne pas mélanger les deux langues s’il est confronté à des situations bilingues ET des situations monolingues.

Les mélanges que l’on observe parfois chez les bilingues se font entre bilingues : c’est un mode de communication qu’ils partagent.

Pensez par exemple aux Québécois qui intègrent quantités d'éléments de l’anglais dans le français tout en ayant parfaitement intégré la différence entre les deux langues...

2. Le bilinguisme retarde l’apprentissage de la langue.

Voilà un mythe qui a la peau dure. Si on a longtemps cru que c’était le cas, la recherche a tranché : on ne met pas plus longtemps à apprendre à parler ou à écrire quand on est bilingue.

De la même manière, la proportion d’enfants dyslexiques est identique chez les bilingues et les monolingues.

3. Les bilingues ont tous appris deux langues dès l’enfance.

Ce n’est le cas que de certains bilingues. C’est la maîtrise de deux langues qui fait le bilingue, et non son environnement. Si certains le sont parce qu’ils ont été élevés par des parents parlant des langues différentes ou dans un pays où l’on ne pratiquait pas leur langue maternelle, il existe de nombreux autres cas de figure. Apprentissage puis spécialisation, séjours linguistiques multiples, école bilingue, etc.

On peut d’ailleurs parfaitement être bilingue et avoir un accent dans l’une des deux langues.

4. Quand on est bilingue, c’est pour la vie.

Faux. Car naturellement, une langue que l’on ne pratique pas est une langue que l’on perd. On peut donc être bilingue pendant une certaine période de sa vie, puis ne plus l’être. On peut aussi le redevenir ! C’est l’une des raisons pour lesquelles il est si difficile de savoir le nombre de bilingues dans le monde.

5. Les bilingues doivent maîtriser les deux langues à la perfection.

En réalité, non. Être bilingue, c’est savoir s’exprimer aisément dans deux langues différentes.

Cela ne suppose pas forcément d’être aussi à l’aise dans les deux, ni dans tous les domaines (thématiques professionnelles ou domestiques, etc.), ni même de savoir écrire dans les deux langues (pensez aux bilingues qui savent parler le mandarin, mais non l’écrire...).